EXTRACTIONS 26

EXTRACTIONS 26

Agenda

26.09.26 27.09.26
19.09.26 20.09.26
12.09.26 13.09.26
  • EXTRACTIONS est l'exposition annuelle organisée par A Two Dogs Company et curatée par Kris Verdonck, qui se déroule dans l'atelier de la compagnie à Molenbeek. EXTRACTIONS 26 revient ce mois de septembre avec trois week-ends d'exposition de deux jours avec des installations, des performances et des œuvres d'art soigneusement sélectionnées.

    Pour cette édition, Kris Verdonck a réuni une combinaison saisissante d'œuvres d'artistes internationaux·ales, notamment des sculptures de Lucy Glendinning et Edith Dekyndt, aux côtés de pièces de Hans Bellmer, Yoran Cazac, Yuzuru Shoji et Tim Theo Deceuninck. La matérialité brute y est confrontée à des compositions plus tendres et élégantes, la destruction à l'infini.

    Kris Verdonck présentera le paysage poétique et mouvant MASS #2, ainsi que DETAIL, un rocher flottant et tournoyant. Michael Schmid interprétera trois œuvres sonores : PING (Samuel Beckett), I'm sitting in a room (Alvin Lucier) et The real as imaginary (Peter Ablinger).

    EXTRACTIONS 26 | Septembre | GRATUIT
    Trois week-ends d'exposition de deux jours avec des installations, performances et œuvres d'art internationales à l'Atelier ATDC à Bruxelles.

    PROGRAMME

    Élégance, Fragilité et Destruction

    EXTRACTIONS est une exposition annuelle organisée par A Two Dogs Company et curatée par Kris Verdonck, qui se déroule dans l'atelier de la compagnie à Molenbeek. Elle rassemble les œuvres de Kris Verdonck, artiste plasticien et metteur en scène, ainsi que celles d'autres artistes aux univers proches. La sélection, comprenant des installations, des œuvres nouvelles, des techniques mixtes, des photographies, des peintures, des sculptures, des performances et de la musique, explore le thème de l’extraction et de l’exploitation

    Les éditions précédentes ont abordé des sujets tels que l’exploitation minière, l’écologie, les paysages dégradés, les déchets numériques et la technologie, ainsi que l’extraction sonore d’objets et l’appropriation rituelle de pouvoirs. Des objets anciens, qualifiés d’« antiques », côtoyaient des œuvres plus récentes, aussi bien performatives que plastiques. La présente édition s'inscrit dans cette lignée, rassemblant des œuvres à la matérialité plus brute et des représentations plus sensibles des désirs. Élégance, fragilité et destruction se conjuguent, comme deux faces d’une même médaille.

    DETAIL
    DETAIL at BOZAR Brussels © Kristof Vrancken

    Une poupée représentant un enfant est allongée en position fœtale et recouverte de plumes sombres. S’agit-il d’une image onirique, d’une mutation ou d’une représentation du manque ? Feather Child de Lucy Glendinning explore la possibilité de la manipulation génétique des embryons et les enjeux de la fertilité, oscillant entre un fantasme tendre de l’inexistant (ou du disparu) et la frontière entre mythe et biologie. Cette œuvre reflète à la fois notre pouvoir et notre impuissance. Les Animal drawings de Glendinning, une série de dessins au graphite et fusain qui montrent les traces d’escargots sur des vitres, offrent un contrepoint organique et spontané à ces œuvres artificielles. 

    La douceur apparente de cette forme contraste avec la dureté de l’enfant-oiseau, juxtaposée aux œuvres de Yoran Cazac. Ces « brûlages » — panneaux peints successivement, puis brûlés — évoquent un paysage post-apocalyptique, avec la figure ailée et les traces laissées par les animaux. Comme dans d’autres œuvres de l’exposition, le choix du matériau et sa manipulation jouent un rôle crucial.

    © Tim Theo Deceuninck
    © Tim Theo Deceuninck

    Les œuvres d’Edith Dekyndt se distinguent par leur forte dimension tactile. Dans The Magic Garden et Groupie Girl, une couche en impression 3D recouvre des branches de bois. Une petite couverture en matériau synthétique posée sur un matériau naturel, une sorte de « mousse numérique », une nouvelle écorce… ce ne sont que quelques images évoquées par ces œuvres. L’association de matériaux organiques et inorganiques confère à cette création une fragilité tout en suggérant l’émergence d’un monde nouveau. L’installation textile de Dekyndt, Wreck, consiste en une grande toile sur laquelle des éclats de verre forment un ensemble fragmenté, oscillant entre l’évocation d’une épave, comme le suggère son titre, et un état où une réalité fissurée devient la nouvelle norme.

    Les œuvres de Dekyndt résonnent avec l’installation DETAIL de Kris Verdonck. DETAIL est un lourd bloc de roche qui, suspendu à un mince câble d’acier, tourne autour de son propre axe. Il s’agit d’un circuit fermé alimenté par l’énergie solaire : la roche tourne ainsi au rythme du soleil. Simple et en même temps implacable, entre légèreté et pesanteur. Les photographies de Tim Theo Deceuninck constituent quant à elles un environnement pour ces installations. Ce sont des tirages sur plomb réalisés à partir d’émulsions naturelles : des paysages photographiés depuis le point de vue des animaux. Deux œuvres de plus petite dimension viennent apporter des accents pertinents. L’esquisse de Hans Bellmer représentant une trapéziste remet la figure humaine au premier plan, déformée et suspendue dans les airs. Le paysage de Yuzuru Shoji unit le cosmique à la matérialité de la peinture et le ramène ainsi « down to earth », sur terre. Entre le mythique, le divin et le physique, le caractère brut du sol : telle est l’image du paysage exploité qui se dessine dans cette exposition.

    MASS#2
    MASS #2 © Kristof Vrancken

    Au cours du premier week-end, le musicien Michael Schmid propose une combinaison singulière de musique et de texte. Tant dans The real as imaginary de Peter Ablinger, Ping de Samuel Beckett que dans I’m sitting in a room d’Alvin Lucier, la voix oscille entre le son et le mot, alternant entre le premier plan et la fusion avec l’arrière-plan. MASS#2 de Verdonck, qui sera présenté lors des deux derniers week-ends, poursuit également cette démarche. À l’issue d’un été marqué par des catastrophes climatiques, ces paysages gris et en constante évolution revêtent une signification de plus en plus inquiétante. 

    Quelle est la place de la voix humaine dans un paysage dévasté ? 

    Que peut encore révéler le langage sur l’expérience humaine, à l’heure où le texte et la parole peuvent être simulés de manière presque entièrement artificielle, à partir des données des utilisateur·ices et de tout ce qui a jamais été écrit et numérisé ?

Crédits

PHOTOGRAPHIES, SCULPTURES,
PEINTURES, INSTALLATIONS PAR
:
Lucy Glendinning
Edith Dekyndt
Yoran Cazac 
Yuzuru Shoji
Hans Bellmer
Tim Theo Deceuninck 
& Kris Verdonck

PERFORMANCES PAR
Michael Schmid
& Kris Verdonck

Avec le soutien de :
La Communauté flamande, La Commission de la communauté flamande