
PROTOCOL se déploie au milieu du public comme un crescendo lent et progressif, passant du silence et du calme à des percussions sonores et une intensité électronique.
MEAKUSMA FESTIVAL | 03 - 06 Sept. '26 | INFOS | LINE-UP | TICKETS
Un festival de quatre jours dans la ville d'Eupen, dans l'est de la Belgique, avec des concerts, des sets de DJ, des installations, des workshops et bien plus encore.
KICK OFF KANAL - Centre Pompidou | 28 - 29 Nov. '26 | INFOS
Dix expositions à Bruxelles, alliant art et architecture : présentations de collections, expositions collectives, installations in situ et performances.
Dans PROTOCOL, les danseurs et les musiciens jouent ensemble dans une dynamique d’anticipation et de montée en intensité, au milieu de la piste de danse. Électronique par Ofer Smilansky, avec des musicien·nes tel·les que le percussionniste Ruben Martinez Orio et la musicienne polyvalente Eva Reiter, ainsi que les danseur·euses Mooni Van Tichel, Elsa Tagawa, Robson Ledesma et Magdelaine Hodebourg. Iels passent de sons minimalistes, de gestes et de silence à un point culminant intense et saisissant qui ne cesse de grandir.
La performance explore la manière dont la société moderne engendre de nouveaux « dieux » et les liens qu’elle entretient avec eux·elles : l’IA, les dirigeant·es autoritaires, le changement climatique et l’Égo. Le spectacle propose une réflexion sur une crise du sens où la croyance, plus que la vérité objective, forge la réalité.
À une époque où le statut des faits et de la vérité est fragile, le terme « dieux·déesses » retrouve de son intérêt. Les concepteur·ices de l'IA ne savent pas exactement eux·elles-mêmes comment elle fonctionne, et pour l'instant, il s'agit surtout de commercialiser des attentes : l'IA est donc une question de croyance.
Il en va de même pour les dirigeant·es populistes et autoritaires qui font fi du réel et exigent une croyance absolue, qu'il s'agisse de Trump, Netanyahu, Poutine, Bukele ou Kim Jong-Un. Le changement climatique est une crise si vaste et si ramifiée que ce n'est pas tant son existence qui est une question de croyance, mais plutôt notre rapport à celui-ci, qui est abstrait et doit émaner d'une conviction.
L'individualisme, les réseaux sociaux et le néolibéralisme ont par ailleurs transformé l'ego en une entité divine : nous sommes notre propre dieu·déesse et créons notre propre image.
Dans La Disparition des Rituels (2019), le philosophe sud-coréen Byung-Chul Han retrace l'origine des festivals jusqu'à leurs débuts rituels dans la Grèce ancienne. À l'époque, les festivals constituaient une exception dans le cours régulier de la vie quotidienne, ils formaient une interruption, un intermède distinct pour la contemplation et l'assimilation.
Le festival (de musique)/la fête/le club est le contexte idéal pour l’exploration de la place du théâtre, de la danse et de la performance dans notre monde actuel en crise de sens, et ce notamment pour créer un espace partagé avec le public, qui est emporté dans le trip du spectacle.
À l'image d'un véritable rituel au sein du public, avec lequel une limite est explorée et peut-être même franchie.
La batterie live est combinée à des beats électroniques. La fonction de la batterie présente dans les formes rituelles comme le théâtre Nô, se prolonge ainsi dans le rythme de la musique techno, qui, depuis les années 90, constitue une forme plus récente de rituel musical d'un monde dystopique en constante accélération. Le beat est la force motrice de cette construction.