
Groningen
20:30 | Bruxelles
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14:30 | Bruxelles
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Bruxelles
Bruxelles
Bruxelles / Molenbeek
WALL TO WALL est une performance de Marc Iglesias Figueras & A Two Dogs Company/Kris Verdonck. La symbiose entre deux œuvres d'art : une pièce de danse (Not Tomorrow) et un film (DEMO). Deux œuvres d'art qui s'entremêlent à travers le processus créatif et fusionnent en une seule performance.
Sur la lune, parce qu'elle est aussi inhabitable que la terre, surtout les villes. - (R.W. Fassbinder, Les ordures, la ville et la mort)
LIEU:
ATDC - STUDIO
Rue A. Lavallée 41, 1080 Molenbeek
DATES:
Tue 09.12 — 20:30
Wed 10.12 — 14:30
Thu 11.12 — 14:30
Fri 12.12 — 20:30
Sat 13.12 — 20:30
Reservations: contact@atdc.be - PWYC
Plus de la moitié des habitant·es de notre planète vivent dans des villes. Quelles sont les conséquences d’une existence urbaine sur les individus ? Les villes ont souvent la réputation d'être des lieux où l'on peut trouver du travail, se procurer des biens de luxe et où le confort est à portée de main. Mais les villes produisent aussi souvent une classe précaire de sans-abri, de réfugié-es, de chômeur-euses, de malades, ... Soucieuses de leur image, les autorités municipales tentent de maintenir ces catégories de la population à l'abri des regards. Les quartiers changent, les villes sont de plus en plus perçues en termes de gentrification, de tourisme et d'économie. La ville intelligente crée de l'exclusion au lieu de l'inclusion.
WALL TO WALL zoome sur les vies qui se déroulent dans l'ombre, l'envers du décor de la ville en mutation au 21e siècle. C'est dans cet objectif que WALL TO WALL réunit deux projets : le court-métrage DEMO de l'artiste visuel et metteur en scène de théâtre belge Kris Verdonck et Not Tomorrow, une performance de danse du danseur et chorégraphe catalan Marc Iglesias, basé à Bruxelles.
DEMO dévoile un personnage vêtu d'un costume de mascotte qui se filme tout en dansant et en s’adonnant à des facéties. Son comportement rappelle les nombreuses tentatives de célébrité via TikTok ou d'autres réseaux sociaux. Ce personnage est cependant seul et ne semble pas atteindre un public. Ses actions cantonnent à la démo du titre, tandis que le « post » en est exclu.
L'interprète de DEMO est Marc Iglesias, qui a également créé et dansé Not Tomorrow. Dans cette performance, nous voyons un homme dans la rue, comme s'il se tenait à côté de l'entrée d’un club, qui ne peut s'empêcher de danser, en se perdant dans sa propre imagination. Il reste anonyme et en léger décalage.
Les interprètes, danseur·euses et personnages des deux œuvres, sont des figures évoluant dans un paysage urbain. Iels combinent des éléments de la culture pop et du divertissement, tels que TikTok ou les mascottes, ou des clichés cinématographiques comme la danse sous un lampadaire. Sauf que ces phénomènes pop semblent déjà « démodés ». Ils sont passés sans pour autant avoir disparu. Ils sont visibles, mais aussi imperceptibles, dissimulés derrière des masques et des costumes, ou engloutis dans le tissu urbain.
À travers ce dialogue entre un film et un spectacle de danse, émerge une image contemporaine de l’être humain en tant qu'interprète, mais aussi de l'artiste et de sa quête d'une place dans la ville et la société à l'heure de l'évolution rapide de la culture pop ludique et numérique. Tout·e deux sont à la recherche d'une performance, d'un tout dans lequel iels peuvent jouer, vivre, se connecter et trouver du sens. Dans DEMO et Not Tomorrow, cette recherche semble avoir échoué et l'artiste se retrouve seul. Et pourtant, iels continuent à danser.
La philosophe américaine Lauren Berlant appelle cela « l'optimisme cruel » : lorsque ce qu'on désire constitue en fait un obstacle à son propre bonheur. Pour Berlant, l'optimisme cruel est un état d'esprit largement partagé à l'époque néolibérale. Dans leur propre fantasme, la fête continue pour les personnages du film et de la performance, ils ont un grand nombre de fans, un public et de la compagnie. Dans leur imaginaire, la ville leur promet un foyer, un travail et une communauté. Dans la réalité, ils ne font rien d'autre que du sur-place (du dogpaddling, écrit Berlant).
WALL TO WALL ainsi deux portraits de l’être humain et de l'artiste qui font du sur-place dans le contexte urbain. La fantaisie des deux personnages est drôle et séduisante, leur réalité est acerbe et sombre. Et pourtant, ce ne sont pas des victimes. Ce sont des personnages qui continuent d'essayer, formant ainsi une ode à l'irrésistible besoin de l'artiste de continuer à créer et à jouer, et plus encore à la profonde pulsion humaine de (sur)vivre. Ou comme Beckett l'a si bien compris: You must go on, I can’t go on, I’ll go on.
Concept: Marc Iglesias & A Two Dogs Company/Kris Verdonck Performeur: Marc Iglesias Musique: Joris Vermeiren & Senjan Jansen Creation & Coordination technique: Romero Calderon & Vincent Malstaf