ACTOR #1

Dans le travail de l'artiste et metteur en scène Kris Verdonck, la relation entre l'homme et l’objet, entre l’être vivant et la matière est centrale. C'est également ce que l'on retrouve dans ACTOR #1.

La première partie, MASS, donne à voir un paysage poétique étrange, résultat de processus chimiques et physiques. Un paysage de brumes sculptées qui bougent sans cesse.

Dans HUMINID nous sommes interpellé par un être que l'on dirait à moitié homme et à moitié poupée. Le comédien Johan Leysen n’est pas sur scène mais il a prêté sa voix et son visage au texte. Huminid: ou comment un « être » peut devenir un « homme » par le biais de la langue.

Dans DANCER #3 on voit un robot qui tente de se tenir droit ; il tombe sans cesse mais n’abandonne pas. Joyeux et infatigable, il persiste dans son processus d’essais et erreurs. Son énergie et sa maladresse rayonnent de l'optimisme d’un clown qui à chaque pas trébuche.

ACTOR #1 parle de ‘devenir’: de ce qui est a été créé, de ce qui est créé et de ce qui pourrait être créé.
Trois variations sur le passage du chaos à l'ordre.

Les trois parties du spectacle sont présentées dans des espaces différents.

Trois variantes de la métamorphose du chaos vers l'ordre

Il y a deux montagnes
où il fait clair et limpide,
la montagne des animaux
et la montagne des dieux.
Entre les deux il y a cependant
la vallée crépusculaire des humains.
S'il regarde vers le haut,
celui qui soupçonne est saisi
d'un désir insatiable,
lui qui sait qu'il ne sait pas,
de ceux qui ne savent pas qu'ils ne savent pas
et de ceux qui savent qu'ils savent.

Paul Klee, 1903


ACTOR #1 est un projet qui se compose de trois parties – MASS, HUMINID et DANCER #3 – qui forment un ensemble thématique et sont montrées dans trois espaces différents d'un même lieu.

L'un des points de départ du projet est l'histoire de la création de « l'homoncule », un petit être miniature, conçu de manière artificielle qui, dès l'Antiquité grecque et tout au long des siècles, a constitué l'objet d'une quête des philosophes, des alchimistes et des scientifiques. ACTOR #1 traite du devenir: ce qui a vu le jour, le voit ou pourrait le voir. Trois variantes de la métamorphose du chaos vers l'ordre.


Le premier volet MASS, montre un étrange paysage poétique : une sorte de tapis de neige blanc lacté ou de danse d'épais nuages de brume qui retiennent la lumière. Cela pourrait représenter « l'état originaire », le début des temps, mais il n'y a pas de créateur divin à l'horizon. La matière se meut de manière indépendante, génère sa propre énergie. Nous sommes témoins de processus chimiques et physiques dans lesquels des évolutions organiques, déterminées par le hasard, s'accomplissent à l'infini.


Dans la deuxième partie, HUMINID, une créature mi-humaine, mi-marionnette s'adresse à nous de manière directe : à mi‐chemin entre être humain et objet, entre vie et mort. Est‐ce un être humain qui souhaite devenir une marionnette, un objet ou est- ‐ce le contraire ? Dans Faust II (1832), Goethe décrit comment Méphistophélès et son assistant Wagner engendrent une petite créature artificielle dans une fiole. L'homoncule qui apparaît ici est à la fois fiole et créature, matrice et embryon. Il se compose de matière morte, appartient au non-être, mais son cœur bat et il respire. Il est inachevé. Il grandit dans sa gaine et souhaite « devenir », mais parallèlement, la science ne lui offre pas de viabilité en dehors de sa fiole. Il parle sans relâche. Il n'existe qu'à travers le langage. Le comédien Johan Leysen n'est pas présent en direct, mais a prêté sa voix et son image au texte inspiré de Sans de Samuel Beckett.

Le troisième volet, DANCER #3, présente une autre énergie encore : nous voyons un robot qui tente de se redresser, tombe sans cesse, mais n'abandonne pas. Infatigable, il subit avec joie ce procédé d'essais et d'erreurs, de chutes et de tentatives de se relever. La machine découvre ses propres possibilités. L'énergie de cet automate est contagieuse. Sa maladresse et ses échecs perpétuels dégagent l'optimisme du clown qui trébuche sans arrêt.


« Au repos, l'être suprême est comme mort, en mouvement, il est comme une machine. » – Lao-Tseu, Ve siècle av. J.C.

texte: Marianne Van Kerkhoven

Concept & mise en scène: Kris Verdonck
Dramaturgie: Marianne Van Kerkhoven (Kaaitheater)
Performeurs (en film): Johan Leysen, Jean Paul Van Bendegem
Construction: Sylvain Spinoit, Atelier 26, Steven Blum
Software & Electroniques: Felix Luque
Création son: Thomas Turine
Vidéo: Vincent Pinckaers
Création lumière: Luc Schaltin (Kaaitheater), Kris Verdonck
Chargé de production: Hendrik De Smedt
Production: Margarita Production pour stilllab vzw
Coordination technique: Luc Schaltin (Kaaitheater)
Coproduction: Kaaitheater (BE), Kunstencentrum Vooruit (BE), Buda Kunstencentrum (BE), Le manège.mons/CECN (BE), Transdigital/TechnocITé (BE)
Projet initié par: la chartreuse (FR) dans le cadre de sa recherche sur les robots et le théâtre
Recherche scientifique: Jean-Jacques Cassiman, Dirk De Ridder, Philippe Fraisse, Jean Paul Van Bendegem, Dirk Van Hulle
Avec le soutien de: les autorités flamandes
Remerciements à: Atelier 26, Acapella digital voice, Arne Vanneste, LIRMM (FR), Luc Steels


« Verdonck nous montre comment une machine peut émouvoir et combien nous sommes prompts à lui attribuer des traits humains. [...] La performance en trois volets nous soumet un concept sérieux, la question de la création. Verdonck fait même davantage ; avec ACTOR #1 il ouvre sur scène un débat qui va au-delà de notre création : le théâtre sans êtres humains est-il possible ? Il exprime visuellement tout le poids du concept. Les trois "situations" qu'il nous propose, sont moins fascinantes que celles de son END apocalyptique, mais elles n'en sont pas moins stimulantes. Et tout commence par la stimulation. »
Sarah Vankersschaever dans De Standaard, le 19 janvier 2010

« Kris Verdonck révèle les limitations de l'homme et de la machine dans Actor #1 **** 
[...] Dans une certaine mesure, Actor #1 exprime la quête d'un nouveau type de vie ; des gaz en ébullition de Mass, nous passons à une poupée à moitié vivante dans Huminid ou à un robot dans Dancer #3. Après ce dernier, nous avons la certitude que nous ne pourrons jamais accéder à "l'univers mental" de ces machines ou des processus naturels. Nous les observons, c'est tout. »
Pieter T'Jonck dans De Morgen, le 21 janvier 2010
  • 2011
  • 2010
17 > 18/02
BE Leuven Artefact Festival [Kunstencentrum STUK]
06 > 07/04
BE Turnhout De Warande
22 > 23/04
BE Kortrijk Buda Kunstencentrum
25 > 28/05
BE Utrecht Huis aan de Werf
  • DANCER #3 - © Hendrik De Smedt
  • MASS - © A Two Dogs Company
  • HUMINID - © Reinout Hiel
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