EXOTE

EXOTE consiste d'un jardin orné de plantes et peuplé d'animaux entre les murs d'un musée. EXOTE s'inscrit dans l'histoire de l'humanité et son besoin de façonner la nature à sa guise. Tout au long de l'histoire, des jardins de recherche, suspendus, royaux, à papillons ont été aménagés. En revanche, EXOTE est une espèce de paysage de fin du monde, que les visiteurs ne pourront arpenter qu'après avoir revêtu une combinaison de protection. Car tant les animaux que les plantes de ce jardin appartiennent à des espèces exotiques, les « exotes », choisies parmi les cent espèces les plus invasives au monde.


EXOTE I (2011, BE)

EXOTE I présente une sélection des espèces exotiques les plus invasieves (flore et faune) de la Belgique. Pensez par exemple à la Renouée du Japon, une plante qui traverse sans peine le béton au cours de sa croissance, pour comprendre d'emblée que ce jardin n'a rien de «normal».


EXOTE II (2016, SP)

EXOTE II montre une sélection des espèces exotiques les plus invasieves du Pays basque. Le jardin existe principalement des tortues (Trachemys scripta), auprès des Buddleja Davidii entre autres.
EXOTE I (2011):
 
Concept & mise en scène:
Kris Verdonck
Dramaturgie: Marianne Van Kerkhoven
Production: Z33 & A Two Dogs Company
Avec le soutien de: Province Limburg, les autorités flamandes, la commission de la communauté flamande (VGC), Klara, Cobra.be, Groep C et Levis


EXOTE II (2016):

Concept & mise en scène: 
Kris Verdonck
Dramaturgie: 
Marianne Van Kerkhoven
Production: A Two Dogs Company
En collaboration avec: Mercedes Herrera (Ecology and  Plant Biology department EHU/UPV), Iñigo Zuberogoitia Arroyo (ICARUS (Environmental Studies)), Pedro Abad (EL KARPIN (Wildlife Centre)), Patricia Orejas (BRINZAL (Recovery Center for nocturnal birds of prey)), Mitxel Ipiña (Tuinier), Bilbao City Hall Gardening Department
Avec le soutien de: les autorités flamandes, la commission de la communauté flamande (VGC)



Définition d’un ‘Exote’ (Wikipedia):

Un exote ou espèce invasive est une espèce vivante exotique qui devient un agent de perturbation nuisible à la biodiversité autochtone des écosystèmes naturels parmi lesquels elle s’est établie. L'homme, depuis qu'il a développé la chasse, l’agriculture et l’élevage, et plus encore depuis qu'il dispose de moyens techniques lui permettant d'être présent et de se déplacer rapidement sur tous les continents, est devenu le principal vecteur de déplacement d'espèces, volontairement ou accidentellement. Les phénomènes d’invasion biologiques sont aujourd’hui considérés par l’ONU comme une des grandes causes de régression de la biodiversité, avec la pollution, la fragmentation écologique des écosystèmes et l’ensemble constitué par la chasse, la pêche et la surexploitation de certaines espèces. 

Le jardin à créer au musée pourra donc constituer un réel danger pour l'écosystème au cas où ces plantes et/ou animaux « s'évadent » du musée. Il sera donc indispensable que les visiteurs souhaitant parcourir le jardin revêtent une combinaison de protection et prennent une « douche » (sèche) après leur promenade pour se débarrasser des graines ou spores qu'ils portent éventuellement sur eux. Tant que les plantes sélectionnées restent à l'intérieur du jardin, le danger qu'elles posent reste potentiel. Mais si elles devaient se retrouver « en pleine nature », ce danger deviendrait bien réel. Non seulement le public, mais aussi chaque membre de l'organisation devra être parfaitement conscient de la nécessité d'empêcher le moindre fragment de ces plantes de « s'échapper ». Toutes les mesures de sécurité et leurs péripéties font partie intégrante de l'œuvre d'art : le montage et le démontage, la destruction des plantes après l'exposition, etc. Bien s'informer et se documenter sur tous les dangers possibles est donc indispensable.

Certaines plantes sont d'une merveilleuse beauté et sont en même temps extrêmement agressives: elles peuvent atteindre jusqu'à 2 ou même 3 mètres en quelques mois. Pour résumer, les visiteurs se promènent dans un superbe jardin peuplé d'oiseaux et de crapauds, orné de plantes et de fleurs, mais… puisqu'ils sont vêtus d'une combinaison de protection, ils sont complètement coupés de l'environnement. C'est le revers du Jardin d'Éden. Il s'agit potentiellement de notre futur paysage. Car si l'altération de la biodiversité s'intensifie, nous finirons par nous retrouver dans le paysage que je veux montrer : un univers « appauvri » occupé par une poignée d'espèces seulement, où les humains ne pourront évoluer qu'en se protégeant par divers moyens d'un environnement qu'ils ont eux-mêmes créé. Le concept s'inspire aussi de différentes traditions, dont celles des jardins tropicaux (comme ceux des Serres royales de Laeken), des expériences de biologie menées en laboratoire, des jardins d'agrément, etc.
 
La sélection de la flore et de la faune s'effectuera en collaboration avec des scientifiques. Ces interlocuteurs disposent des connaissances théoriques et pratiques nécessaires pour mener à bien un tel projet. EXOTE I (2011, BE) est développé en coopération avec l'université de Diepenbeek et la structure d'art actuel Z33 à Hasselt. Pendant EXOTE II (2016, SP), ont été avisé par le Ecology and  Plant Biology department EHU/UPV, ICARUS (Environmental Studies), EL KARPIN (Wildlife Centre), BRINZAL (Recovery Center for nocturnal birds of prey) et le Bilbao City Hall Gardening Department.


EXOTE I (2011, BE)


Il suffit de penser à la Renouée du Japon (voir l'annexe 1 pour une description détaillée), une plante qui traverse sans peine le béton au cours de sa croissance, pour comprendre d'emblée que ce jardin n'a rien de «normal». L'annexe 2 est une liste des plantes susceptibles de figurer dans ce jardin. Une liste similaire pour les animaux pourra facilement être établie.


Annexe 1

La Renouée du Japon

Le Fallopia japonica, ou encore Polygonum cuspidatum, est une espèce de plante herbacée vivace de la famille des Polygonaceae originaire d’Asie orientales, naturalisée en Europe dans une grande diversité de milieux humides. Elle est inscrite à la liste de l’Union internationale pour la conservation de la nature des 100 espèces plus préoccupantes. D'un développement très rapide, sa progression se fait au détriment de la flore locale, mais aussi de la diversité en vertébrés et surtout d'invertébrés.
 
Les méthodes de lutte associe des mesures préventives et des mesures éradicatrices ou compensatoires. Les techniques préventives regroupent toutes les mesures permettant d'éviter la dispersion volontaire ou involontaire de la plante, ou d'éviter son implantation sur un site (destruction précoce de la plante avant que celle-ci s'enracine).
 
-Techniques éradicatrices mécaniques: La plante est très difficile à éradiquer, notamment en période végétative, car elle est capable de réparer très rapidement (en quelques jours) ses tissus endommagés. S'attaquer à la partie aérienne de la plante (tiges et feuilles) n'empêche pas la survie de la partie vivace enterrée dans le sol. De plus, les fauches peuvent favoriser la dispersion de la plante puisque les tiges coupées se bouturent très facilement. L'extraction des rhizomes est très fastidieuse et illusoire, car leur densité dans le sol est très importante. De plus, il suffit d'un fragment de rhizome portant un bourgeon pour régénérer la plante. Il n'existe donc pas encore de moyens mécaniques totalement efficaces pour éradiquer la plante, mais des essais sont en cours en France pour détruire la partie vivace et souterraine de la plante.
 
-Techniques éradicatrices chimiques: L'utilisation de produits chimiques est très souvent compliquée (respect de conditions strictes d'application, suivi sur plusieurs années) et impossible, notamment au bord des cours d'eau et des zones humides, les herbicides étant interdits à moins de 5 m de ceux-ci. On peut couper au niveau de la tige et mettre du gros sel à l'intérieur. Il s'agit d'une méthode longue, qui ne peut donc être assimilée à une technique d'éradication, et encore peu connue, qui serait néanmoins le meilleur moyen de se débarrasser de cette invasive (il est toujours hasardeux de se lancer dans des techniques mal connues).
 
-Techniques compensatoires: Elles regroupent toutes les mesures visant à compenser les impacts de la plante, comme les plantations, semis et fauches pluriannuelles afin de permettre à d'autres plantes de se développer. Les fauches présentent toutefois le risque de propager la plante sur d'autres sites, par l'intermédiaire de tiges coupées qui se bouturent très facilement.


Annexe 2

Liste des exotes végétals

  • Le Figuier de Barbarie s'est répandu dans l'hémisphère sud, notamment en Afrique du Sud, à Madagascar, à la Réunion et à l'île Maurice, en Inde et à Ceylan, ainsi qu'en Australie. Dans la plupart de ces pays, ce fut véritablement un fléau.
  • L’herbe de la pampa (Cortaderia jubata) est hautement adaptable et peut croître dans une large gamme de milieux et de climats. Elle est considérée comme une plante envahissante, tandis qu'en Nouvelle-Zélande il est formellement interdit de la vendre et de la propager.
  • La Jacinthe d’eau est devenue l'un des fléaux les plus importants pour les étendues d'eau douce, rivières et lacs, des tropiques dans les régions où elle a été introduite. 
  • Le figuier des Hottentots est reconnaissable à ses feuilles charnues oposées à section triangulaire. Originaire d’Afrique du Sud, elle fut importée en Amérique et en Europe où on la trouve sur tout le littoral atlantique et méditerranéen. 
  • La Caulerpa taxifolia est connue sous le nom d’ “ algue tueuse”, en raison de sa toxicité. Cette algue a été introduit accidentellement en Méditerranée, où elle est devenue une espèce envahissante. Un moyen d’éradiquer (biologique) est peut-être l’Elysia subornata.
  • Passiflora tarminiana est une menace pour la flore originaire à Hawaï, où on l’appelle "banana poka". 
  • Le Solidage du Canada a été introduite en Europe, où elle peut être envahissante.
  • Hieracium a été introduit en Nouvelle-Zélande par des colons anglais. 
  • Kudzu (Pueraria lobata) est une plante vivace originaire d'Extrême-Orient. Aux états-Unis elle est considérée comme une plante envahissante.
  • Echinocystis lobata (de la famille Concombre sauvage) est une plante toxique. La plante a fait l'objet d'intoxication hallucinatoire au Canada lors d'absorption de graines. On connaît très peu cette espèce de Cucurbitacées .
  • Le cerisier à grappes a été introduit aux Pays-Bas et en Belgique dans les années 1920. La plante est devenue une espèce envahissante.
  • Le souchet doré (Cyperus esculentus) est une mauvaise herbe tenace dans les champs de maïs et les essais de destruction entraînent de fortes dépenses.
« La condition de réalisation intentionnelle “sur site” s'observe également dans d'autres œuvres proposées lors de “Prototipoak”, dont EXOTE du Belge Kris Verdonck, une réflexion sur la capacité des êtres humains à transformer les écosystèmes. Les spectateurs entrent dans un “jardin-installation” qui est en réalité un espace homogène et inquiétant où la loi du plus fort a eu raison de la biodiversité. Un arbuste chinois, le Buddleia de David, et des tortues Trachemys scripta, originaires du nord du Mexique, sont devenus les uniques occupants de ce paysage dévasté. “Vouloir un environnement à la Walt Disney, considérer les animaux et les végétaux comme des objets dont on se débarrasse sans vergogne, a des conséquences pour l'environnement”, déplore Rosa Casado, l'une des commissaires de la manifestation. »

Gerardo Elorriaga sur EXOTE II (2016, SP) dans El Correo.
  • 2016
  • 2011
01/05 > 21/08
BE Hasselt Z33
23/05 > 04/06
ES Bilbao Azkuna Zentroa
  • EXOTE I - © Kristof Vrancken / Z33
  • EXOTE I - © Kristof Vrancken / Z33
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