ISOS

Civilized life, you know, is based on a huge number of illusions in which we all collaborate willingly.The trouble is we forget after a while that they are illusions and we are deeply shocked when reality is torn down around us.
(J.G. Ballard) 

ISOS est une installation vidéo en 3D, dans laquelle la voix principale est celle de l'auteur James Graham Ballard. Neuf boîtes à images contiennent des sculptures virtuelles en images 3D ; dans chacune d'elles, une scène présente un détail d'une même situation sociopolitique. L'ensemble se lit comme un court métrage dont le montage est confié à l'imagination du spectateur. Les scènes sont assemblées à l'aide d'un paysage sonore et d'autres éléments sonores.

L'homme de théâtre et artiste visuel Kris Verdonck s'intéresse à la confusion s'emparant de l'être humain dans un monde qui s'est éloigné de lui au travers d'innovations techniques. Dans son travail, la tension entre l'homme et la machine, les espèces vivantes et les matières mortes, suscite une atmosphère d'étrangeté. L'état actuel du monde, avec ses problèmes environnementaux, ses catastrophes écologiques, ses guerres et ses faillites économiques est une thématique essentielle dans son travail.



J.G. BALLARD

ISOS est une installation vidéo en 3D réalisée par A Two Dogs Company / Kris Verdonck, dans laquelle la voix principale est celle de l'auteur James Graham Ballard. Neuf boîtes à images contiennent des sculptures virtuelles en images 3D ; dans chacune d'elles, une scène présente un détail d'une même situation sociopolitique. L'ensemble se lit comme un court métrage dont le montage est confié à l'imagination du spectateur. Les scènes sont assemblées à l'aide d'un paysage sonore et d'autres éléments sonores. L'homme de théâtre et artiste visuel Kris Verdonck s'intéresse à la confusion s'emparant de l'être humain dans un monde qui s'est éloigné de lui au travers d'innovations techniques. Dans son travail, la tension entre l'homme et la machine, les espèces vivantes et les matières mortes, suscite une atmosphère d'étrangeté. L'état actuel du monde, avec ses problèmes environnementaux, ses catastrophes écologiques, ses guerres et ses faillites économiques est une thématique essentielle dans son travail.

J.G. BALLARD

« Les banlieues rêvent la violence » J.G. Ballard dans Que notre règne arrive

ISOS prend comme point de départ l'univers et les personnages peuplant les romans de science-fiction apocalyptique de J.G. Ballard. L'Anglais James Graham Ballard (1930-2009) est l'auteur de récits empreints de réalisme magique et d'œuvres autobiographiques, mais il est surtout connu pour ses évocations intelligentes et visionnaires d'un monde futur très proche du nôtre. Crash est probablement son roman le plus célèbre ; porté à l'écran par David Cronenberg en 1973, il a fait scandale. Dans Millenium People (2003) Ballard rend compte d'actes terroristes de la classe moyenne aisée habitant un quartier résidentiel de Londres.

Quand, dans le quotidien De Standaard du 13 août 2011, le journaliste Wouter Van Driessche tenta de découvrir les raisons des émeutes, pillages et incendies criminels qui avaient secoué Londres peu de temps auparavant, voici ses conclusions : « Les pilleurs n'étaient pas uniquement des jeunes défavorisés ; il y avait parmi eux des membres de toutes les classes sociales. (…) Ceci n'a plus rien à voir avec l'inégalité sociale ou la ségrégation. C'est bien plus diffus – une espèce d'ennui nihiliste, un relâchement fondamental des repères moraux. Pour le comprendre, inutile de lire Karl Marx, c'est J.G. Ballard qu'il vous faut. »

L'agression qui se cache derrière la normalisation, la régularité et la sécurité de l'existence dans les banlieues résidentielles – et par extension dans le monde occidental – est pour ISOS l'un des éléments principaux de l'œuvre de Ballard. Son obsession de la classe moyenne se retrouve sous un autre jour dans la politique (internationale) actuelle. Dans ISOS, Tawny Andersen et Hendrik De Smet interprètent deux personnages appartenant à cette classe moyenne ; leur couple est placé dans diverses situations apocalyptiques et/ou marquées par l'ennui. Leurs rapports sont définis par des abus de pouvoir réciproques ; ils ne sont pas des victimes, mais ils sont responsables de leur propre environnement. Leur esprit et leurs rapports tordus reflètent la sensation inconfortable qu'inspire un monde extérieur devenu complètement invivable.

STÉRÉOGRAPHIE / 3D

L'on pourrait affirmer que la 3D réclame un langage cinématographique différent. Hollywood a déjà compris que la récente « bulle » de la 3D n'était qu'un engouement passager ; la BBC a mis fin à ses émissions en 3D. C'est peut-être parce que la stéréographie – le nom technique de la 3D – est un procédé tellement différent qu'il ne fonctionne pas sur un support classique comme la télévision ou le cinéma. Si dans de nombreux films récents en 3D les paysages ont bien de la profondeur, les personnages continuent de faire figure de pantins de carton. Voilà des éléments qui nous encouragent à utiliser et à explorer encore davantage la 3D. ISOS adopte une autre approche de la stéréographie, qui devient davantage un moyen d'expression autonome que le procédé spectaculaire utilisé au cinéma. Il y a un rapport aux premiers temps du cinéma de science-fiction, aux films « mal ficelés » de Georges Méliès dont la vision est une expérience étrange pour le spectateur actuel. Par le recours poussé à la stéréographie, Kris Verdonck veut concrétiser le rêve futuriste de Ballard et proposer une dystopie en 3D.

SCULPTURES VIVANTES / AGENCEMENT DÉFINITIF

Les boîtes sont dotées sur le dessus d'ouvertures par lesquelles le public observe d'étranges petits hommes au fond de la boîte, comme à travers un microscope. Toutes les scènes ont été filmées depuis cette perspective divine omnisciente, suggérant une vision objective de la réalité. Cela rappelle les expériences d'Eadweard Muybridge (1830-1904), adoptant un angle scientifique dénué de tout élément dramatique : une situation « réelle » est enregistrée, sans plus. La technique de Muybridge se retrouve dans ISOS à travers la trame de lignes blanches dans laquelle se déroulent les scènes, comme si le cadre était un laboratoire. L'architecture joue souvent un rôle important dans l'œuvre vidéo de Kris Verdonck. Le cadre de l'image cinématographique coïncide avec celui des murs (les parois des boîtes). Les personnages ont conscience des restrictions et de la nature claustrophobe de l'espace. Les sculptures vivantes deviennent ainsi les occupants résignés de la réalité virtuelle qui s'expose dans la boîte à images.

BOÎTES / CONTENEURS

« Isos » signifie « égal » en grec. Le conteneur maritime et sa standardisation industrielle pourrait bien être l'une des inventions majeures du XXe siècle. Dans ISOS, le monde entier est standardisé ; la norme est la classe moyenne et la vie sans relief dans la banlieue résidentielle. Dans cette optique, la trame tracée sur la paroi intérieure de la boîte d'exposition est une norme impérative. Le contenu est adapté aux dimensions : les animaux, les machines, les êtres humains, la stéréographie sont tous mis à la même norme. Les hommes ressemblent à des insectes, tandis qu'un cierge magique allumé est aussi haut qu'un arbre ; c'est la révolution à la télévision.

Concept et mise-en-scène: Kris Verdonck
Dramaturgie: Marianne Van Kerkhoven, Kristof Van Baarle
Performeurs: Tawny Andersen, Hendrik De Smedt
Coordination technique: Jan Van Gijsel
Sound design et composition electronique: Peter Van Hoesen
Bruitage: Céline Bernard
Production viewing boxes: Damien Gernay 
Electronica: Vincent Malstaf, Felix Luque
Stéréographie: Niko Himschoot
Directeur de la photographie: Vincent Pinckaers
Costumes: An Breugelmans
Jujitsu fighters: Justin Candeloro, Joshua Fairfield
Production: A Two Dogs Company
Avec le soutien de: EMPAC Rensselaer Polytechnic Institute (US), KC Nona (BE), Kaaitheater (BE), Pianofabriek (BE), Het Zuidelijk Toneel (NL), le gouvernement Flamand et la Commission communautaire flamande.
"Quant à Kris Verdonck, venu du théâtre, il invite à découvrir, dans une série de grandes boîtes verticales, de petites scènes intimes filmées dans un studio spécialisé dans la vidéo 3D. L’effet est époustouflant."

Jean-Marie Wynants dans Le Soir.
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  • - © Anna Scholiers
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