H, AN INCIDENT

Le « H » de H, an incident fait référence à l'univers, la vie et l'œuvre de l'écrivain russe du XXe siècle, Daniil Harms (ou Charms) (1905-1942). Harms est l'auteur d'une œuvre remarquable dont quasi rien n'a pu être publié de son vivant sauf quelques livres pour enfants qu'il a écrits pour subvenir à ses besoins. Ce n'est qu'après la perestroïka que son œuvre a fait surface dans toute son ampleur. Celle-ci se compose principalement d'histoires très brèves et complètement absurdes dans lesquelles il tente chaque fois d'atteindre un point zéro. Son humour et sa violence font penser aux Monthy Python, tandis que le réalisme absurde qu'il décrit ressemble souvent à la folie que nous observons dans nos vies quotidiennes actuelles. Amateur de mathématiques et de la Kabbale, fan de Sherlock Holmes, Harms était en quête de l'essence des choses, de la vérité que l'on peut éventuellement découvrir dans un détail : selon lui, un petit incident pouvait soudain faire apparaître la nature véritable des choses. Son comportement hautement anticonformiste fut considéré comme dangereux et subversif par les autorités staliniennes. Harms a régulièrement été arrêté et écroué et est mort de faim dans une institution psychiatrique, comme ces milliers d'habitants de Leningrad qui n'ont pas survécu aux trois ans de siège de la ville par les nazis.
  
H, an incident est la première production de théâtre musical du créateur de théâtre et plasticien Kris Verdonck. La musique reprend, entre autres, des chansons enfantines russes, arrangées par les compositeurs Jonas Sen et Valdimar Jóhansson. Le chœur se compose de six jeunes Islandaises, dirigées par la danseuse et chanteuse Erna Omarsdottir. Ces créatures féminines adoptent différents aspects, allant de la petite fille à la femme âgée. Le comédien Jan Steen est « l'homme sur le toit », l'incarnation de l'auteur Harms, l'homme qui observe et décrit, s'étonne et philosophe.

Entre les pièces du décor abstrait et les êtres vivants se meuvent des instruments de musique. Créés par les frères Decap, célèbres facteurs d'orgues, « tambours et trompettes » se promènent de manière entièrement autonome à travers l'univers absurde de Harms dans lequel des objets et du mobilier, des chats et des humains communiquent entre eux. « L'art », disait Harms, « est une armoire ».

‘L’absurde, c’est la raison lucide qui constate ses limites.’ – Albert Camus


LES INROCKS: H, an Incident dans le Top 5 des critiques de Les Inrockutibles 2013 (Hugues Le Tanneur)

« Cette oeuvre à la beauté plastique un brin sulfureuse et étrangement fascinante se présente sous la forme d'une juxtaposition de saynètes dont le fil rouge est celui de l'absurde qui déstructure le réel pour le faire imploser devant nous. Plongés au coeur de cette réaction en chaîne d'une douceur trompeuse, nous assistons à la dissociation de notre vision du monde et sommes irradiés par l'énergie iconoclaste qui résulte de ce sabotage en règle. (…) Alors absurde, cette proposition de ce perforer-metteur en scène? Certes surprenant ce monde qu'il nous présente avec une grande radicalité, mais ce qui est projeté sur cette autre scène est un monde aucunement incompréhensible, un monde déjà " connu " même s'il est refoulé dans les replis d'une censure intériorisée. » Yves Kafka dans 'Revue Inferno'


«Dans 'The Old Woman' Bob Wilson s'appropriait Harms tout en lui rendant hommage. Kris Verdonck va plus loin en élaborant un spectacle cent pour cent harmsien. (…) De tous les artistes qui ont abordé cette oeuvre singulière, Kris Verdonck est celui qui parle le Harms le plus couramment.» J.-P. Thobaudat dans 'Rue89'


« C'est là la force de la poésie : proposer un ragrd neuf, un peu décalé, juste ce qu'il faut, un minuscule " incident", un grain de sable, pour enrayer la logique implacable des antiennes bien-pensantes, ressassées à l'envi, et créer dans le saisissement de la surprise l'avènement du sens. (…) » 'Revue Inferno'


«Un drôle d'incident abscons et fascinant. Un Beckett russe, un choeur de chanteuses islandaises, un orchestre numérique : un fourre-tout d'une étrange poésie pour dire le climat d'angoisse que génère notre société individualiste.» Catherine Makereel dans 'Le Soir'


« Quant à son auteur, le dévoilement est tout autant saisissant : Kris Verdonck apparaît pour ce qu’il est, un « dangereux activiste » qui sous prétexte de geste artistique propose, de manière ludique et pour notre plus grand plaisir, une rupture radicale avec les vieilles habitudes de représentation du monde. En filigrane, tout comme Daniil Harms qu’il met en scène, il distille non sans humour la révolte absolue, l’insoumission et le sabotage en règle de l’establishment.» Yves Kafka dans 'Revue Inferno'
Concept et mise-en-scène: Kris Verdonck
Dramaturgie: Marianne Van Kerkhoven (Kaaitheater)
Composition musicale: Jónas Sen, Valdimar Jóhansson
Création et coaching choeur: Erna Ómarsdóttir
Performeurs: Jan Steen (researcher at KASK / School of Arts, Ghent), Marc Iglesias, Jeroen Vander Ven
Choeur et performeures: Erna Ómarsdóttir, þyrí Huld Arnadóttir, Thorunn Arna Kristjansdóttir, Brynhildur Gudjonsdóttir, Katrín Gunnarsdóttir, Sigríður Soffía Níelsdóttir
Costumes: An Breugelmans
Coordination technique et création lumières: Jan Van Gijsel

Technique: Marc Dewit, Kaaitheater
Son: Valdimar Jóhansson
Assistant à la mise-en-scène: Kristof Van Baarle
Instruments de musique: Decap Herentals
Robots et intégration des systèmes: Culture Crew

Production: A Two Dogs Company (Hendrik De Smedt, Karen Verlinden, Lotte Vaes, Sylvia Picard) en collaboration avec Shalala (Erna Ómarsdóttir & Valdimar Jóhansson), Kunstenfestivaldesarts, Kaaitheater
Producteurs: ATDC, Kunstenfestivaldesarts (BE), Kaaitheater (BE), Steirischer Herbst (AT), Göteborgs Dans & Teater Festival (SE)
Co-producteurs: Spring Festival (NL), Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine (FR)
Avec le soutien de: les Autorités Flamandes, la Commission Communautaire Flamande, la Région de Bruxelles-Capitale, NXTSTP, iMinds Art&D program
Remerciements à: National Theatre of Iceland, Department of Information Technology at Ghent University (Stefan Bouckaert, Bart Jooris)
  • - © Silvano Magnone
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